Archives de catégorie : Soutenances (thèses, HDR, mémoires, etc.)

Soutenance de thèse de Gabriel Rosenman

Gabriel Rosenman soutiendra sa thèse ce vendredi 28 novembre 2025 à 9h à l’EHESS. Elle est intitulée : “Le sou du prolétariat contre le million du capitalisme”. La pratique des caisses de grève dans le mouvement ouvrier français (1830-2023) : configurations sociales et dilemmes stratégiques des solidarités ouvrières”.

Le jury est composé de :

  • Mme Johanna Siméant-Germanos (Directrice de thèse), CNRS
  • Mme Sophie Béroud (Co-Directrice), Université Lumière Lyon 2
  • Mme Anne Bory, Université de Lille
  • M. Nicolas Delalande, Sciences Po Paris
  • M. Barry Eidlin, McGill University
  • M. Baptiste Giraud, Aix-Marseille Université
  • Mme Liora Israël, EHESS
  • M. Julian Mischi, INRAE

Résumé de la thèse :

La présente recherche s’intéresse à la fabrique des solidarités ouvrières, c’est-à-dire aux moyens par lesquels le mouvement ouvrier parvient, dans certaines situations, à mobiliser une partie de la classe pour en soutenir une autre. C’est ce qui donne lieu à l’émergence temporaire de configurations de solidarité, à chaque fois selon un périmètre et des modalités spécifiques. Il est possible d’éclairer ces processus en s’intéressant aux grèves longues et à leurs enjeux de financement. Or, ces enjeux semblent justement présenter une particularité notable dans le cas de la France : l’évidente rareté des caisses instituées par les organisations syndicales. Celle-ci tend toutefois à être compensée par la diffusion des caisses et collectes éphémères, ainsi que par l’expérimentation de formules hybrides. Et il s’agit donc de comprendre comment, dans les conditions spécifiques du champ syndical français, une même absence de prise en charge syndicale peut simultanément handicaper la capacité des grèves à durer, mais favoriser la production de solidarités grâce aux flux financiers. Grâce à la notion de répertoire d’action collective, on peut rapporter ces options stratégiques et tactiques à certains facteurs déterminants : les configurations historiques et syndicales, les pratiques antagonistes du patronat et de l’État, l’articulation entre tradition et innovation militantes. La tension entre diverses modalités de financement des grèves permet d’éclairer plus spécifiquement les dilemmes qui accompagnent inévitablement l’action collective. Enfin, le recours à l’argent et au don peut faire de ceux-ci des vecteurs de solidarité, ce qui soulève toutefois diverses questions relatives à l’interaction entre donateurs et bénéficiaires. En s’intéressant à la pratique des caisses de grève, la présente recherche porte ainsi sur la construction des solidarités ouvrières en France entre 1830 et 2023 : d’une part, en analysant la spécificité des configurations sociales qui conditionnent ces solidarités ou qui en résultent, et, d’autre part, en explorant les dilemmes stratégiques qu’elles posent aux différents acteurs impliqués (grévistes, organisations syndicales, donateurs, patronat, État). Elle combine pour cela l’exploitation de cinq fonds d’archives (syndicales, patronales, municipales), la réalisation d’entretiens semi-directifs (n = 60), l’observation ethnographique de plusieurs grèves en cours, et l’analyse statistique d’un questionnaire rempli par 10 000 donateurs.

Soutenance de thèse de Lucas Winiarski

Lucas Winiarski soutiendra sa thèse le 23 janvier 2023 à 14h à l’Université Lumière Lyon 2, Palais Hirsch, 18 quai Claude Bernard (rdc), salle des colloques :

À contresens dans la CGT ? Le déploiement entravé des comités CGT de privés d’emploi et précaires à l’échelle locale et confédérale

devant un jury composé de :

  • Sophie Béroud, politiste, Professeure des Universités, Université Lumière – Lyon 2, directrice de thèse
  • Paul Bouffartigue, sociologue, Directeur de recherche CNRS, rapporteur
  • Valérie Cohen, sociologue, Maître de Conférences, Université de Tours
  • Işil Erdinç, politiste, Professeure associée, titulaire de la Chaire en politique sociale, Université Libre de Bruxelles, rapportrice
  • Jean Faniel, politiste, Directeur du CRISP
  • Guillaume Gourgues, politiste, Maître de Conférences, Université Lumière – Lyon 2

Résumé :

Cette thèse porte sur l’adaptation et les stratégies d’action d’une confédération syndicale française, la Confédération générale du travail (CGT) afin de rassembler et d’organiser les chômeurs et les salariés en situation de précarité. Depuis la création de la CGT, et lors de différences séquences historiques, la question de l’organisation des chômeurs s’est posée. La précarisation salariale (la transformation d’une économie basée sur le salariat) interroge les organisations syndicales sur leur fonctionnement. L’évolution du monde du travail vers un ordonnancement plus mobile et flexible pose de nombreuses questions aux structures syndicales (souvent centrées sur les travailleurs à statut et les syndicats d’entreprise dans des établissements de grande taille) quant à leur organisation et les ajustements qu’elles apportent pour répondre à ces changements. L’ambition de cette thèse est de mesurer les enjeux de structuration mais aussi d’élargissement des perspectives syndicales à travers l’organisation des chômeurs et des travailleurs précaires au niveau local et national dans la CGT. Le caractère transversal de la structure étudiée, le Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires (CNTPEP-CGT) reflète la dimension plurielle de la CGT. L’examen de la place des comités et des chômeurs dans les différentes instances permet de questionner les dynamiques d’intégration des privés d’emploi et précaires dans la CGT, la façon dont les comités locaux de chômeurs et leur comité national se sont structurés dans le temps, comment ils perdurent et quelle place ils trouvent dans la CGT. Leur existence et leurs interactions questionnent la construction du mouvement des précaires, leur insertion dans des organisations principalement animées par des salariés non précaires et la capacité d’adaptation des syndicats, en l’occurrence ici la CGT.

Mots-clés :

syndicalisme, CGT, travail, chômage, chômeurs, précaires, précariat, socialisations, engagements, mobilisations, mouvements sociaux, organisations.

Soutenance de thèse de Guillaume Trousset

Guillaume Trousset soutiendra sa thèse le 14 décembre, à 14 h, salle 6 centre du Panthéon:

Le syndicalisme à l’épreuve des nouveaux bassins d’emploi. La CGT à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (1966-aujourd’hui)

devant un jury composé de :

  • Mme Sophie Béroud, professeure de science politique à l’Université Lumière Lyon 2 (rapporteure) ;
  • Mme Nathalie Ponsard, maîtresse de conférences HDR d’histoire contemporaine à l’Université Clermont-Auvergne (rapporteure) ;
  • Mme Danielle Tartakowsky, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 8 ;
  • Emmanuel Bellanger, directeur de recherche? CNRS CHS des mondes contemporains ;
  • Michel Pigenet, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (directeur) ;
  • Xavier Vigna, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris Ouest-Nanterre.